• 2.2 ) La théorie du temps complet

    Le Nagual vit que le monde était sans limites. Il pensa que c’était bon pour lui, et fêta l’évènement avec un verre d’eau du robinet de la salle de bain. Elle était fraiche et savoureuse. Il traversait le couloir à pas de loup évitant de réveiller qui que ce soit dans la maison entre la mansarde et la salle d’eau. Il venait juste d’avoir seize ans et le plancher craquait par endroits. Son cœur restait plat sans aucun signe particulier après l’affirmation de cette découverte. Jugeant sobrement la victoire. Se contenant aussi de mesurer le chemin encore à parcourir avant de triompher de la nature humaine minée d’erreurs et d’innombrables pièges. Devant le miroir de la commode il observa les filaments d’énergie qui tardaient à se dissoudre. Il revenait de son second voyage, suivant cette fois un protocole plus précis de validation qui lui avait démontré les vrais fils de la réalité, quelques secrets de base de l’univers. Quoiqu’il n’était pas dupe. Toute son histoire depuis la plus petite enfance présentait trop de similitudes avec des classiques de la littérature pour imaginer que le seul hasard dirigeait son destin. Il devinait au travers des indices nombreux et opportuns qu’un personnage lui était échu, comme le définissait la théorie du temps complet, un des thèmes marquants de Nucléus. Mais il est d’accord à présent pour échanger son statut générique,  _ simplet proche de l’autisme aux capacités évolutives limitées_ selon les psychologues, pour celui co-écrit avec un bénéfactor sorti du néant et dont il ne verra sans doute jamais le visage. Tout était parti d’une minute de chance aux ramifications extraordinaires. Sous des lampions crépitant juste après les caisses en plein milieu du hall commercial de l’hypermarché. Un samedi où la famille faisait les courses et pour une fois on le prenait avec; sans doute pour donner un coup de main à porter les paquets. Une tombola gratuite était organisée et chacun pouvait tenter sa chance en remplissant une grille qui allait finir dans une urne transparente. Un tirage toutes les heures. Le premier prix consistait en un ordinateur portable dernier cri. Le ticket sorti au tirage portait le nom d’Henry, et même s’ils crevaient de rage, personne n’osa lui piquer l’appareil, ce qui était une sorte de miracle. Mais l’oncle Jo y était pour quelque chose certainement, descendu passer le Week-end il les accompagnait. Les miracles eux-mêmes résultent de nombreux facteurs si on prend la peine de les étudier. ..

     

     

    .


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :