• 21. 2) Des Marvel ; des DC Comics, EC Comics, Panini groupe.. etc

    André vit s’approcher le taxi jaune aux formes courbes. Prenant place il chercha à classifier et décrire ses sensations. Une courbure de la réalité sembla de nouveau l’affecter au contact d’êtres vivants, semblable à celle rencontrée dans le labo auparavant. Le chauffeur en uniforme portait une casquette et lui semblait parfaitement concret. Néanmoins une sorte de rideau invisible les séparait. Il ne chercha même pas à le vérifier, sa raison lui dictait clairement le dilemme. Il ne trouverait rien de précis en voulant le toucher, sinon une suite de freins jusqu’à voir l’espace entre eux devenir aussi épais que du polyuréthane pur et transparent. Une réaction somme toute chimique mais assez écoeurante pour l’esprit humain, Uriel à ses côtés lui parut empreint de la même ambiguïté. Indiscutablement réel et d’une consistance incertaine. La ville vue d’en bas lui parut vertigineuse, mais une chose le frappait plus que tout autre, elle ne répondait à aucun style architectural précis. Comme une superposition des civilisations humaines. Summer y côtoyait différents siècles de l’histoire avec une prépondérance pour le dix-neuvième et la première moitié du vingtième siècle. Somptueux témoignage d’un cycle esthétique stoppé net au milieu du béton gris des années soixante, Mais les motifs architecturaux paraissaient plus saillants et décoratifs que dans ses nombreux souvenirs de voyage, il les jugea même cinématographiques d’une certaine façon. Il aperçut aussi d’immenses horloges de gares, qui donnaient des heures assez diverses, ce qu’il remarqua aussitôt l’amenant à se demander quel sens peut avoir l’heure dans un monde éternellement entre chien et loup. Les rues sont animées, avec des gens affairés aux manières curieusement théâtrales, comme frappés d’un romantisme urbain reconnu et assumé, aux contours stylisés. D’innombrables néons scintillaient au-dessus des boutiques et les nombreuses tavernes, des écrans passaient des films et des pubs accrochés aux façades. Des hologrammes viennent se mêler aux passants et parfois à la circulation, filent comme des flèches avant de regagner leurs cadres. Croisant des dizaines de véhicules aux carrosseries variées mais assez typés dans leur ensemble, il se creusa la tête pour déterminer les causes d’une forme d’homogénéité certaine. Une partie de la réponse jaillit rapidement en lui, au point qu’il s’en étonna. Il venait de reconnaitre le design automobile américain caractéristique autour des années cinquante, et il en fut d’autant plus émerveillé qu’il ne les avait pas connues personnellement, du fait de son âge bien sûr, mais à présent il se souvenait mieux. Il se souvenait comme dans son enfance il avait été marqué par les stocks de bédés laissés par son père dans le grenier familial. Des Marvel ; des DC Comics, EC Comics, Panini groupe.. etc ; qu’il dévorait alors avec l’espoir fou de vivre un jour de pareilles aventures, sombres et délirantes, intemporelles, baroques, supra-humaines. Exactement comme cette ville semblait lui proposer… Par un jeu d’associations mentales à partir de cette découverte. Il envisagea pour la première fois, qu’il était mort sur une route de montagne aux lacets fous, les dégringolant à cent à l’heure sur son vélo, un engin en carbone de sept kilos six qui n’avait vraiment rien de magique sinon de s’envoler dans les descentes. Mort pour de bon..

     

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